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L'intérêt supérieur de l'enfant… qui le définit vraiment ?

Publié le Par الجمعية المغربية للدفاع عن حقوق الأب والأبناءPlaidoyer

Il est temps de redéfinir l'intérêt supérieur de l'enfant : pas seulement une pension, un logement et une garde formelle, mais la stabilité psychologique et les liens avec ses deux parents. Et qui le définit ? Le droit seul, ou aussi les psychiatres et les spécialistes de l'enfance ?

À l'heure où l'on affirme que certaines lois « ne rendent pas justice à la mère gardienne », la société est en droit de poser une question plus profonde : comment protéger le véritable équilibre psychologique de l'enfant après le divorce ? Et qui protège son droit naturel à grandir dans une relation équilibrée avec son père et sa mère, comme le prévoient les conventions internationales relatives aux droits de l'enfant ?

Car l'intérêt supérieur de l'enfant, tel que le définit le droit international, ne se réduit pas à la pension, au logement ou à une garde formelle. Il englobe aussi la stabilité psychologique, la sécurité affective, la préservation des liens familiaux et le droit à une relation naturelle et équilibrée avec ses deux parents.

« Divorce de la femme, et divorce des enfants avec elle »

Dans notre société, on entend souvent : « Divorce de la femme et divorce des enfants avec elle ». La réalité, parfois douloureuse, est qu'après le divorce le père peut progressivement devenir un simple « visiteur » dans la vie de ses enfants, malgré sa présence affective et sa volonté de participer à leur éducation. Son rôle se réduit au paiement de la pension et à quelques heures de visite hebdomadaires, loin du quotidien de ses enfants.

Aujourd'hui, à la garde exclusive s'ajoutent des revendications de conservation du domicile conjugal, d'attribution de la tutelle légale complète et de maintien de la garde même après remariage. Faut-il donc dépouiller progressivement le père de tous ses rôles éducatifs, humains et affectifs pour ne lui laisser que des devoirs matériels ? Est-ce vraiment cela, « l'intérêt supérieur de l'enfant » ? Quel équilibre psychologique pour un enfant qui perd peu à peu tout contact naturel et quotidien avec l'un de ses parents ? Où est la dissuasion effective en cas de non-exécution du droit de visite ou de refus de remise de l'enfant ? Et comment parler d'« intérêt supérieur » quand certaines procédures durent des années, pendant lesquelles l'enfant grandit dans la rupture et le conflit ?

Qui définit cet intérêt ?

L'approche juridique traditionnelle suffit-elle ? Ou faut-il impliquer les psychiatres, les psychologues spécialisés dans l'enfance, les sociologues et les experts de la famille ?

La réalité et les expériences internationales récentes l'ont démontré : le temps de la garde exclusive et de la logique « attribuer / retirer la garde » ne correspond plus aux besoins psychologiques et affectifs de l'enfant d'aujourd'hui. Il est temps de passer à une conception plus juste et plus équilibrée :

  • la responsabilité parentale partagée ;
  • la garde partagée ;
  • la tutelle légale conjointe ;
  • une participation équilibrée à l'éducation des enfants après le divorce ;
  • l'implication obligatoire de pédopsychiatres et de psychologues de l'enfant dans toutes les procédures concernant les enfants et la famille ;
  • la création d'une justice d'urgence spécialisée pour statuer rapidement sur les affaires impliquant des enfants, car leur temps psychologique et affectif ne supporte pas des années d'attente.

Il est temps de redéfinir « l'intérêt supérieur de l'enfant » en dehors de la logique de l'intérêt de l'homme ou de l'intérêt de la femme, pour ne retenir qu'une seule logique : l'intérêt de l'enfant, de la famille et de l'équilibre psychologique et social de toute la société. L'enfant n'est ni un dossier judiciaire, ni un moyen de pression, ni une victime des guerres des adultes. Car l'enfant n'attend pas… et une enfance perdue dans le conflit ne se rattrape jamais.

Sources et références