Une émission complète de « Focus », animée par Amal Houari, avec Mohammed Maj, vice-secrétaire général de l'association : pourquoi les pères se taisent, ce que contient le mémorandum, et le rôle de l'assistante sociale. Résumé de l'émission.
Merci à Lodj TV et à la journaliste Amal Houari d'avoir mis en lumière la question du père privé du lien avec ses enfants. Une émission de « Focus » (diffusée en avril 2025) recevait Mohammed Maj, vice-secrétaire général de l'association, venu de Fès, pour près de cinquante minutes de débat sur ces pères victimes d'abus après le divorce « mais qui n'acceptent pas de parler ».
Ce que dit l'émission
Résumé établi à partir de la transcription de l'émission (en darija ; les minutages renvoient à l'enregistrement ci-dessus).
Pourquoi les pères se taisent (1:48 et 6:47)
L'animatrice ouvre sur le « courage » nécessaire pour aborder le sujet : beaucoup de pères n'admettent même pas être en situation de faiblesse et ne réclament pas leurs droits les plus élémentaires. Le plus grand problème de l'association, confirme l'invité, est que très peu de pères acceptent de témoigner, de peur d'être « atteints dans leur virilité » ; les membres du bureau ont donc dû prendre l'initiative de raconter leurs propres histoires pour encourager les autres. Le Haut-Commissariat au Plan avait observé la même réserve en traitant de la violence contre les hommes.
Des pages Facebook à l'association (2:31)
L'idée est née en ligne, sur des pages Facebook où des pères divorcés partageaient leurs expériences, jusqu'à ce que Sa Majesté le Roi annonce le chantier de réforme de la Moudawana : le groupe y a vu l'occasion de créer une association portant cette cause, aux côtés d'une autre association consacrée depuis 2017 à la violence contre les hommes. Être privé de voir ses enfants « est une forme de violence ». L'invité renouvelle ses remerciements à la Commission royale qui a reçu et écouté l'association.
Trois axes dans le mémorandum (9:04)
Le mémorandum repose sur trois axes : la garde partagée, la pension partagée et la tutelle partagée, en s'appuyant sur les conventions internationales signées par le Maroc, qui consacrent l'égalité entre l'homme et la femme. La logique de l'association : si l'on réclame la tutelle partagée, elle est d'accord — mais en contrepartie elle demande la garde et la pension partagées, car retirer la tutelle au père en laissant la garde entière à la mère ne lui laisse plus rien.
La pension partagée… pour protéger le père insolvable (11:12 et 38:27)
Pourquoi la pension partagée ? L'association a vu arriver des pères — commerçants, personnes ayant perdu leurs revenus pendant le Covid et la crise économique — condamnés à la prison pour abandon de famille parce qu'ils ne pouvaient plus payer. « Quand nous demandons la pension partagée, le seul but est de protéger le père insolvable : s'il est incapable de payer, pourquoi le mettre en prison ? Qu'est-ce que cela résout ? Il en sortira ancien détenu, et les gens le fuiront quand il cherchera du travail. » Le Coran est clair : chacun dépense selon ses moyens. L'association n'absout pas le père qui triche, mais parle du père insolvable.
Une garde partagée à la marocaine (23:02)
Il ne s'agit pas forcément du modèle américain (une semaine chez la mère, une semaine chez le père) : « dans notre situation actuelle, nous disons : si seulement nous pouvions voir nos enfants la moitié des vacances, ou un jour ou une demi-journée dans la semaine, ou dans leur établissement scolaire ». Certains pères sont même interdits d'école, alors que la Moudawana consacre l'accompagnement éducatif par le père. L'invité souhaite même « un article qui sanctionne le père qui ne vient pas voir ses enfants ».
Le rôle de l'assistante sociale et l'aliénation des enfants (24:51 et 31:24)
L'assistante sociale a un rôle essentiel : préventif avant le divorce, avec pour premier objectif la réconciliation — « et si nous n'avons pas réussi comme couple, réussissons comme divorcés et comme parents » ; et après, dans les cas d'incitation des enfants. Exemple : plus de dix pères, en juillet et août, ont bénéficié du concours de la force publique pour faire exécuter leur droit de visite, mais l'enfant arrive en pleurs, « le scénario appris par cœur ». Au tribunal de Fès, le procureur du Roi a ordonné que l'assistante sociale accompagne l'enfant en séances : il s'est avéré qu'il voulait voir son père mais craignait la maison et le chantage affectif.
Pas d'hostilité entre associations (15:44)
L'association a rencontré des associations féminines qui ont accueilli favorablement l'idée, envisagé un mémorandum commun et un congrès commun « pour montrer à la société qu'il n'y a pas d'hostilité entre l'homme et la femme ». L'invité critique le traitement médiatique déséquilibré du chantier de la Moudawana et demande de la neutralité : « la loi doit protéger les catégories vulnérables, qu'elles soient femmes ou hommes ». Il note que la plupart des journalistes qui ont soutenu la cause étaient des femmes marocaines.
Conclusion : les enfants ne sont pas des armes (45:41)
L'invité propose un contrat conclu au début du mariage fixant d'avance la garde, la pension et la tutelle en cas de divorce. Et conclut que « le visage méchant de la famille peut être la mère comme le père » : impliquer l'enfant dans la bataille du divorce et l'utiliser comme arme contre l'autre parent produit des traumatismes qui grandissent avec lui — « et à la fin, ce sont les valeurs qui comptent ».