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Sur une radio française : ce que l'association a dit dans « Famille Justice Enfance » (RLP 102.3 FM)

Publié le Par الجمعية المغربية للدفاع عن حقوق الأب والأبناءMédias

Le 22 mai 2026, l'émission « Famille Justice Enfance » recevait Salaheddine Benomar, vice-président et secrétaire général. 25 minutes sur la naissance de l'association, l'audition par la Commission royale, les limites de la garde exclusive, la « prison pour pension » et la cellule SOS Papa Maroc. Résumé de l'émission et passages clés.

Dans le cadre de son ouverture aux expériences internationales, l'association a participé à l'émission n° 257 de « Famille Justice Enfance », animée par Stéphane Lambert sur RLP 102.3 FM (Radio Libre en Périgord, France) le 22 mai 2026, en direct du Maroc. L'association était représentée par Salaheddine Benomar, vice-président et secrétaire général.

Ce que dit l'émission

Résumé établi à partir de la transcription de l'émission (les minutages renvoient à l'enregistrement ci-dessus ; citations légèrement reformulées à l'écrit).

Comment l'association est née (2:15)

« Notre association est née avant tout comme une histoire humaine. » À l'origine, deux pères privés de voir régulièrement leurs enfants malgré leur volonté sincère de rester présents dans leur éducation. Pendant près de deux ans, ils ont traversé pratiquement toutes les procédures possibles devant les juridictions familiales — audiences répétées, procédures d'exécution, reports, constats, plaintes, déplacements permanents — tout en étant privés de tout lien avec leurs enfants. L'un d'eux a finalement obtenu un jugement pour non-représentation d'enfant après plus de deux ans. Ils ont ensuite rencontré d'autres pères vivant exactement les mêmes difficultés : éloignement progressif des enfants, difficulté d'exécution des droits de visite, souffrance psychologique des enfants comme des pères, isolement, sentiment de ne pas être entendu. D'où la création officielle de l'association à Rabat en juillet 2023.

L'audition par la Commission royale (3:37)

En décembre 2023, l'association a reçu une invitation officielle du comité chargé de la révision du Code de la famille — « un signal important démontrant l'ouverture des institutions marocaines au dialogue ». Elle y a présenté une proposition fondée sur : l'intérêt supérieur réel de l'enfant, la responsabilité parentale partagée, la coparentalité équilibrée, la garde partagée comme base de réflexion lorsqu'elle est bénéfique pour les enfants, la tutelle conjointe, une participation équilibrée aux responsabilités éducatives et matérielles, le maintien des liens affectifs avec les deux parents, l'implication obligatoire des professionnels de la santé psychologique de l'enfant, et le traitement rapide des dossiers pour éviter les ruptures affectives prolongées.

Une garde exclusive qui a atteint ses limites (5:29)

« Notre système est orienté vers une garde monoparentale, et cette garde a atteint ses limites » : le père se limite à un droit de visite le dimanche, soit quelques heures. Au Maroc, l'autorité parentale est octroyée automatiquement au père, mais « pour pouvoir exercer cette autorité, le lien entre père et enfant doit d'abord exister. Si le papa n'arrive pas à maintenir un lien au quotidien avec ses enfants, comment pourrait-il protéger cette autorité parentale et protéger éventuellement ses enfants ? ». L'invité cite des demandes concrètes : contacter ses enfants au quotidien, y compris par visioconférence, participer à leur vie scolaire, les emmener à l'école et aux activités sportives. Il décrit aussi la mécanique de la « porte fermée » : s'il ne se présente pas le dimanche entre 10 h et 11 h, le père perd sa journée de visite, et la preuve d'une non-représentation est très difficile à établir (10:01).

Le divorce après la Moudawana de 2004 et après le Covid (6:52)

La réforme de 2004 a rendu le divorce accessible aux deux conjoints. Le nombre de divorces est passé d'environ 20 000 par an avant la réforme à plus de 80–90 000 cas annuels dans les années 2020, avec une pression supplémentaire liée au confinement.

Les chiffres de l'association (12:20)

En trois ans, l'association a accompagné environ 1 500 personnes, avec une centaine de membres, et 80 % des cas concernent des non-représentations d'enfants. Le sujet est « au cœur des tabous » culturellement. L'association reçoit aussi des appels de mères, au Maroc comme à l'étranger, et les accompagne avec la même logique : se focaliser sur les solutions, l'intérêt de l'enfant et la collaboration entre les deux parents.

La pension comme moyen de pression… et la « prison pour pension » (15:12)

La pension alimentaire, obligation du seul père, « devient un moyen de pression quand les sommes à payer atteignent quelques dizaines de milliers d'euros » ; s'il ne s'en acquitte pas, le père est emprisonné — des peines d'un à six mois — alors que, pour les non-représentations d'enfants, les mères n'encourent que du sursis. L'association reçoit également des appels de Marocains résidant à l'étranger confrontés à des non-représentations, à des enlèvements internationaux ou à des demandes de double pension.

La cellule SOS Papa Maroc (16:03)

Créée en août 2024, la cellule de médiation, de conciliation familiale et de secours reçoit les appels de tout le Royaume, surtout le dimanche matin, quand il est presque impossible de joindre un huissier pour obtenir une preuve. En cas de porte fermée ou de refus clair, la cellule contacte la police ou la gendarmerie royale — « que nous remercions chaleureusement pour leurs efforts » — qui enregistrent la plainte du père ; les deux parties sont ensuite auditionnées et présentées au parquet.

Vers la garde partagée (20:54)

« L'élément à souligner, c'est la suppression de la garde monoparentale et l'orientation vers la garde partagée. Je ne cesserai jamais de le dire et de le redire. » Avec des exceptions appréciées par le tribunal au cas par cas (visites médiatisées ou surveillées si nécessaire). Les pays qui ont fait de la coparentalité le système de base — Union européenne, Amérique du Nord, pays nordiques — ont vu le nombre de dossiers de leurs tribunaux de famille se réduire considérablement. L'association « n'est pas une association qui défend les hommes contre les femmes » : son objectif est l'intérêt supérieur de l'enfant et de la famille, et elle a rencontré des associations féminines qui partagent la même vision.

Un père privé ne peut pas protéger ses enfants (23:56)

Sur la question de la protection des enfants contre les abus : « un papa privé de ses enfants n'a aucun pouvoir, ni en termes de tutelle, ni en termes de protection ». C'est pourquoi l'association demande un système de coparentalité permettant un contact permanent avec les enfants et une intervention rapide en cas de danger, tout en saluant le sérieux du parquet sur ce type de dossiers.

L'invité signale enfin l'existence de deux associations similaires en Égypte et en Tunisie, avec lesquelles l'association se coordonne, et d'associations françaises comme SOS Papa France.

Sources et références